La CdP 13, qui s’est tenue à Ordos, en Chine, en septembre 2017, a accueilli 1200 participants[1], et vu l’adoption de 36 décisions[2]. Le Comité de la science et de la technologie (CST) et le Comité pour l’examen de la mise en application de la Convention (CRIC), les deux organes subsidiaires de la Convention, se réunissaient en parallèle. Les sections suivantes présentent un sommaire des principaux points discutés lors de ces rencontres.

L’un des points saillants de la CdP 13 a été l’adoption du Cadre stratégique de la Convention (2018-2030)[1], qui fait suite au Plan-cadre stratégique décennal visant à renforcer la mise en œuvre de la Convention (2008-2018). Son contenu a été déterminé en tenant compte d’autres travaux internationaux, notamment menés lors du Sommet Rio+20, et s’aligne particulièrement sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement.

D’une manière générale, le Cadre a pour objet de prévenir, réduire et faire reculer la désertification et la dégradation des terres, d’atténuer les effets de la sécheresse et de s’efforcer de parvenir à un monde sans dégradation des terres. Il cible 5 objectifs stratégiques, précisés dans chaque cas par une liste des mesures prises pour leur mise en œuvre et des effets escomptés. Le tableau ci-dessous compare les objectifs stratégiques du nouveau cadre avec ceux du précédent.

Comparatif des cadres stratégiques 2008-2018 et 2018-2030

Plan-cadre stratégique 2008-2018

Cadre stratégique 2018-2030

2

Améliorer l’état des écosystèmes touchés.

1

Améliorer l’état des écosystèmes touchés, lutter contre la désertification et la dégradation des terres, promouvoir la gestion durable des terres et favoriser la neutralité en termes de dégradation des terres

1

Améliorer les conditions de vie des populations touchées

2

Améliorer les conditions de vie des populations touchées

  

3

Atténuer les effets de la sécheresse, s’y adapter et les gérer, afin de renforcer la résilience des populations et des écosystèmes vulnérables

3

Dégager des avantages généraux d’une mise en œuvre efficace de la Convention

4

Faire en sorte qu’une mise en œuvre efficace de la Convention procure des avantages pour l’environnement mondial

4

Mobiliser des ressources en faveur de la mise en œuvre de la Convention par l’instauration de partenariats efficaces entre acteurs nationaux et acteurs internationaux

5

Mobiliser des ressources financières et non financières importantes et additionnelles en faveur de la mise en œuvre de la Convention par l’instauration de partenariats mondiaux et nationaux efficaces

Objectifs stratégiques et effets escomptés

Objectif stratégique 1 : Améliorer l’état des écosystèmes touchés, lutter contre la désertification et la dégradation des terres, promouvoir la gestion durable des terres et favoriser la neutralité́ en termes de dégradation des terres

Effet escompté 1.1

La productivité des terres et les services fournis par les écosystèmes qui y sont liés sont maintenus ou améliorés.

Effet escompté 1.2

Les écosystèmes touchés sont moins vulnérables et la résilience des écosystèmes est renforcée.

Effet escompté 1.3

Des cibles nationales volontaires de neutralité en termes de dégradation des terres sont fixées et adoptées par les pays qui le souhaitent, des mesures sont définies et mises en œuvre pour atteindre ces cibles, et les systèmes de suivi nécessaires sont mis en place.

Effet escompté 1.4

Les mesures à prendre en faveur de la gestion durable des terres et de la lutte contre la désertification et la dégradation des terres sont partagées, encouragées et appliquées.

Objectif stratégique 2 : Améliorer les conditions de vie des populations touchées

 

 

Effet escompté 2.1

La sécurité alimentaire des personnes vivant dans les zones touchées est améliorée, de même que leur accès à l’eau.

Effet escompté 2.2

Les moyens d’existence des populations des zones touchées sont améliorés et diversifiés.

Effet escompté 2.3

Les populations locales, en particulier les femmes et les jeunes, ont les moyens d’agir et prennent part aux processus décisionnels dans le domaine de la lutte contre les phénomènes de DDTS.

Effet escompté 2.4

Beaucoup moins de personnes sont contraintes de migrer du fait de la désertification et de la dégradation des terres.

Objectif stratégique 3 : Atténuer les effets de la sécheresse, s’y adapter et les gérer, afin de renforcer la résilience des populations et des écosystèmes vulnérables

 

Effet escompté 3.1

La vulnérabilité des écosystèmes à la sécheresse est réduite, notamment grâce à une gestion durable des terres et des ressources en eau.

Effet escompté 3.2

La résilience des communautés à la sécheresse est renforcée.

Objectif stratégique 4 : Faire en sorte qu’une mise en œuvre efficace de la Convention procure des avantages pour l’environnement mondial

 

Effet escompté 4.1

La gestion durable des terres et la lutte contre la désertification et la dégradation des terres contribuent à la préservation et à l’exploitation durable de la biodiversité, ainsi qu’à la lutte contre les changements climatiques.

Effet escompté 4.2

Les synergies avec les autres accords et processus multilatéraux relatifs à l’environnement sont renforcées.

Objectif stratégique 5 : Mobiliser des ressources financières et non financières importantes et additionnelles en faveur de la mise en œuvre de la Convention par l’instauration de partenariats mondiaux et nationaux efficaces

Effet escompté 5.1

Davantage de ressources financières publiques et privées sont mobilisées, en quantité suffisante et en temps opportun, notamment au niveau national, et sont mises à la disposition des pays parties touchés.

Effet escompté 5.2 :

Un appui international est apporté aux activités de renforcement des capacités et aux interventions « sur le terrain » efficaces et ciblées qui sont menées dans les pays parties touchés en vue de faciliter la mise en œuvre de la Convention, notamment par le biais de la coopération Nord-Sud, de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire.

Effet escompté 5.3 :

Des efforts importants sont accomplis pour favoriser le transfert de technologie, principalement à des conditions favorables et notamment à des conditions privilégiées et préférentielles, arrêtées d’un commun accord, ainsi que pour mobiliser des ressources autres que financières.

Rapports nationaux

L’article 26 de la Convention, intitulé « Communication d’informations », prévoit que les Parties doivent rapporter au secrétariat les informations pertinentes sur leurs mesures de mise en œuvre. Lors de la CdP 13, en adoptant le nouveau Cadre stratégique de la Convention (2018-2030) (7/COP.13), les Parties ont instauré un nouveau processus de rapport. Il y a maintenant deux catégories d’informations à fournir. La première consiste en données concernant la progression de la mise en œuvre des 5 objectifs stratégiques. La seconde est constituée de récits de mise en œuvre, qui mettent en relief des enjeux financiers ou non-financiers, des enjeux de planification et de politiques, et des actions de terrain. C’est le CRIC qui se charge de la réception des rapports et de l’évaluation des progrès, en suivant les directives établies par les décisions 13/COP.13 et 15/COP.13. Les rapports sont effectués en ligne, via le Portail PRAIS 3.

Dans ce contexte, la décision 15/COP13, a lancé un nouveau cycle de rapports nationaux. Le premier cycle de communication d’informations s’est terminé en août 2018 sur le portail PRAIS 3, et a été évalué par le CRIC en janvier 2019[1] à Georgetown, en Guyane. Ce sont 141 Parties qui ont participé à cet exercice. Les conclusions et recommandations du CRIC concernant le processus des rapports nationaux seront présentées lors de la rencontre du CRIC 18, prévue en parallèle de la CdP 14.

Calendrier proposé pour le prochain exercice

Neutralité en matière de dégradation des terres

L’importance de la NDT, qui constituait déjà l’un des sujets principaux lors de CdP précédentes, a été réaffirmée de multiples manières au cours de la CdP 13. Premièrement, par l’adoption du Cadre stratégique, puisque la NDT en fait maintenant partie intégrante (Objectif stratégique 1). Deuxièmement, par le succès du programme de fixation d’objectifs volontaires NDT, auquel le Brésil, l’Inde et le Libéria se sont joints, portant à 113 le nombre de Parties adhérentes[1]. Enfin, par le lancement du Fonds NDT lors de la clôture du segment de haut niveau. Le Fonds NDT vise à mobiliser des ressources publiques pour catalyser l’investissement privé à l’appui des activités axées sur la NDT et d’autres activités de gestion durable des terres (GDT).[2] Le lecteur peut se référer à la section 3.1 pour davantage d’information sur la NDT, et à la section 3.7.2 pour davantage d’informations sur le Fonds NDT.

Autres enjeux abordés

La CdP a également traité de la mise en œuvre effective de la Convention aux niveaux national, sous-régional et régional. À cet égard, elle s’est penchée sur les synergies avec d’autres conventions et institutions internationales sur les enjeux de financement de la Convention. Plusieurs décisions (3, 8, 9, 11 et 12[1]) se rapportent à la synergie ou la collaboration de la Convention avec d’autres structures, organisations, agences ou conventions internationales, notamment par rapport à l’intégration de l’ODD 15 et de la cible 15.3 du Programme 2030.

L’examen des travaux de la CST s’est déroulé à travers la question générale de l’établissement de liens entre les connaissances scientifiques et le processus décisionnel et des travaux de l’Interface Science-Politique (ISP), en particulier, ceux relatifs à la définition d’un cadre scientifique conceptuel de la NDT. Enfin, des débats spéciaux ont eu lieu sur les questions suivantes : les liens entre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse (DDTS) et la paix et la sécurité, la sécheresse et les tempêtes de sable, la mise en œuvre de la NDT, les femmes et les droits fonciers, le rôle que peuvent jouer les autorités locales, et le rôle du secteur privé.

La CdP s’est également penchée sur les liens entre la science et la prise de décision, et a réaffirmé le rôle des organismes scientifiques de la Convention[2]. L’organisme consultatif scientifique de la Convention, l’ISP, a reçu une évaluation externe positive, et l’importance de la science et de sa vulgarisation à l’intention des politiques et des exploitants sur le terrain pour la mise en œuvre de la convention a été soulignée[3]. La synergie de l’ISP avec d’autres organismes scientifiques, dont le GIEC et l’IPBES, se renforce. C’est lors de la CdP 13 qu’a été présenté Perspectives territoriales mondiales (Global Land Outlook – GLO), une plateforme de communication stratégique et une publication[4]. Créé à l’intention des décideurs et des parties prenantes qui œuvrent sur le terrain, le GLO vise à leur fournir des informations empiriques solides pour la prise de décision.

Par ailleurs, la question des liens de la DDTS avec la paix et la sécurité a été soulevée par une résolution coparrainée par l’UE et le Sénégal. Bien qu’elle n’ait pas été prévue à l’étude, elle a mené à la décision 28/COP.13, qui souligne le rôle que peut jouer la mise en œuvre de la Convention sur la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse en tant que facteur de migration[5].

[1] Mesures prises par la Conférence des Parties à sa treizième session, en ligne :

https://www.unccd.int/sites/default/files/sessions/documents/2017-11/cop21add1_fre.pdf.

[2] Voir généralement les décisions adoptées par les Parties, en ligne : https://www.unccd.int/sites/default/files/sessions/documents/2017-11/cop21add1_fre.pdf ; et ISDD, Résumé de la CdP13, p. 17.

[3] ISDD, Résumé de la CdP 13, p. 17.

[4] ISDD, Résumé de la CdP 13, p. 17. Pour consulter la publication : https://knowledge.unccd.int/glo.

[5] ISDD, Résumé de la CdP 13, p. 17.

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