Le segment de haut niveau sera organisé par le pays hôte et le secrétariat et se tiendra les 9 et 10 septembre 2019. Les tables rondes de haut niveau et les séances de dialogue attireront l’attention sur le visage humain de la désertification/dégradation des terres et de la sécheresse. En mettant l’accent sur les questions d’amélioration du bien-être humain et des opportunités économiques, le segment devrait donner un élan politique aux délibérations des Parties et renforcer l’engagement des diverses parties prenantes dans la mise en œuvre de la Convention. Outre les tables rondes ministérielles et les séances de dialogue interactif susmentionnées, les ministres auront la possibilité de faire des déclarations officielles dans une salle mise à leur disposition.

Lors du débat de haut niveau, les débats prendront la forme de trois tables rondes ministérielles parallèles et de trois séances de dialogue interactif consécutives, comme suit:

Tables rondes tenues en parallèle

Table ronde 1

Terres, climat et énergies renouvelables

Table ronde 2

Communautés rurales et urbaines: échouer ou prospérer ensemble

Table ronde 3

Promouvoir un mouvement mondial pour la remise en état des écosystèmes

Dialogues interactifs tenus consécutivement

Dialogue interactif 1

Une approche axiologique de la gestion responsable des terres

Dialogue interactif 2

Des terres saines pour une population saine

Dialogue interactif 3

Stimuler une chaîne de valeurs durable pour les entreprises aux activités basées sur les terres

Pour aider les délégations à préparer le débat de haut niveau, le secrétariat a préparé une note d’information (ICCD/COP(14)/INF.2) décrivant certaines des questions que les participants seront invités à examiner lors de leurs délibérations. Cette note est résumée dans les sections qui suivent.

Points saillants dont il sera question lors des rencontres 

1

Les processus d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique fondés sur la réhabilitation et la gestion des terres sont-ils complémentaires à la transition mondiale vers les énergies renouvelables ?

2

Que devraient conclure le Sommet des Nations Unies sur le climat et les autres discussions sur le climat sur le rôle des solutions basées sur les terres ou la nature dans la lutte contre les changements climatiques ?

3

Comment solutionner simultanément les problèmes liés à la terre, au climat et à la biodiversité ?

4

Comment équilibrer les pressions envers les sols pour de la nourriture, de l’énergie et d’autres services environnementaux lorsqu’elles sont potentiellement concurrentes ?

5

Comment pouvons-nous maximiser les avantages de l’accès aux énergies renouvelables pour les communautés rurales, la terre et le climat ? Quelle est l’analyse de rentabilisation pour davantage d’investissements fonciers dans ce scénario ?

Table ronde 1 : Terres, climat et énergies renouvelables

La gestion des terres demeure un moyen sous-exploité de lutter contre les changements climatiques. Pourtant, les investissements dans la gestion des terres sont avantageux à plusieurs égards, tel qu’exposé dans l’infographie ci-dessous.

Les problèmes que posent les changements climatiques et la dégradation des terres sont interconnectés, et les solutions à ces problèmes le sont également. Les énergies non renouvelables sont l’une des causes des changements climatiques qui accentuent les problèmes météorologiques, dont la sécheresse. Par ailleurs, un virage vers les énergies renouvelables fournira des opportunités économiques pour les entreprises dont les activités reposent sur l’utilisation de terres, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la foresterie, de la manufacture traditionnelle, et du tourisme vert. Il importe toutefois de bien étudier les différentes options d’énergies renouvelables et leurs impacts, car ce n’est pas parce qu’ils émettent peu ou pas de GES qu’ils n’ont pas de conséquence sur l’environnement, notamment sur l’état des terres. Ainsi, la biomasse pourrait poser autant de problèmes qu’elle en réglerait si elle était réellement produite à grande échelle. L’énergie solaire et l’énergie éolienne semblent, en revanche et à prime abord, pouvoir fournir des solutions qui entraîneraient à la fois une baisse des émissions de GES et une meilleure gestion des terres.

 Points saillants dont il sera question lors des rencontres 

1

Comment gérer les pressions que les zones urbaines exerceront sur le sol, en particulier dans les zones périurbaines ? La planification intégrée peut-elle aider ?

2

Quelle pourrait être la contribution d’un système d’économie circulaire pour solutionner cette problématique ?

3

Les emplois verts dans les zones rurales pourraient-ils contribuer à réduire l’urbanisation non planifiée ?

4

Quels changements dans la gouvernance seraient nécessaires pour renforcer la capacité des autorités gouvernementales locales à jouer un rôle proactif ?

5

Comment générer des situations où les avantages sont mutuellement bénéfiques (gagnant-gagnant) ? Comment créer des communautés « rurbaines » (rurales-urbaines) performantes ?

Table ronde 2 : Communautés rurales et urbaines – échouer ou prospérer ensemble

La gestion des terres est fortement liée aux questions de zones d’habitation, de logements sains, et d’accès à l’eau et à la nourriture. Les zones rurales et urbaines ont chacune des enjeux propres et des enjeux connectés, et le déplacement important des populations des zones rurales vers les zones urbaines que l’on constate actuellement dans le monde génère également de nombreux enjeux, tel qu’explicité dans l’infographie suivante. La tendance mondiale est à l’augmentation de la population, et cette augmentation est plus importante dans des villes que dans les zones rurales.

Par ailleurs, la migration hors des zones rurales pose un défi pour la relocalisation et l’accès à des foyers sains. Cette question va de pair avec la nécessité de créer de l’emploi et une bonne qualité de vie. Les personnes vivant actuellement dans une pauvreté extrême sont très majoritairement situées dans des zones rurales, où le manque d’emploi est plus prononcé. Il est à noter que dans certains pays la tendance est inversée en raison du vieillissement de la population. Une synergie entre la Convention et le Forum urbain mondial (FUM10) qui se tiendra à Abu-Dhabi en 2020 pourrait fournir des réponses intéressantes à ces questions (http://wuf.unhabitat.org/).

Points saillants dont il sera question lors des rencontres 

1

À quel point convient-il d’être ambitieux dans les mesures entreprises ? Comment s’assurer que la restauration offre de multiples avantages ?

2

Quels sont les meilleurs moyens de garantir la participation des parties prenantes afin que la restauration des écosystèmes devienne un mode de vie ?

3

Faut-il explorer des approches locales, nationales ou régionales ? Y a-t-il des régions ou des initiatives particulières auxquelles la CNULCD peut se rallier ?

4

Comment s’assurer que la restauration est intégrée à la planification de l’utilisation des sols, aux budgets gouvernementaux et aux stratégies d’investissement du secteur privé ?

5

Un mouvement mondial en faveur de la restauration des écosystèmes peut-il assurer l’équité entre les sexes, la sécurité d’occupation et des avantages équitables ?

6

Comment un mouvement mondial pour la restauration peut-il être exploité pour soutenir la création d’emplois ou assurer un développement socio-économique durable ?

7

Les opportunités engendrées par la NDT sont-elles correctement cartographiées et comprises aux niveaux national et sous-national ? Les objectifs en matière de NDT, dont beaucoup incluent des mesures de restauration et de réhabilitation, peuvent-ils être synchronisées avec les ODD, les CDN et la Décennie pour la restauration des écosystèmes ?

8

Quelles sont les garanties sociales, économiques et environnementales lors de la conception de projets/programmes de restauration dans le cadre de partenariats public-privé ?

Table ronde 3 : Promouvoir un mouvement mondial pour la remise en état des écosystèmes

Cette table ronde permet de raccorder le travail de la CNULCD à celui d’autres institutions œuvrant à la restauration des terres dans un mouvement plus large de développement durable. Le GIEC présentera lors de cette table ronde les résultats d’un rapport sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de GES dans les écosystèmes terrestres. Concrètement, un mouvement de restauration des écosystèmes se fonderait sur des cibles volontaires. À cet égard, il est important de souligner les efforts déjà entrepris : 122 Parties ayant participé au Programme NDT de la CNULCD ont fixé des cibles de restauration et de réhabilitation des terres, et les 60 pays qui participent au Défi de Bonn pour le reboisement des terres dégradées se sont engagées pour un total de 170 millions d’hectares. L’infographie qui suit rapporte sommairement l’état des lieux, en se fondant sur le document ICCD/COP(14)/INF.2 (ébauche) rédigé par le secrétariat.

Points saillants dont il sera question lors des rencontres

1

Quelles sont les implications d’une approche de la gestion des terres basée sur les valeurs pour les modèles de consommation et de production futurs, et pour les stratégies de GDT ?

2

Des initiatives de développement fondées sur la foi contribueraient-elles à promouvoir la paix sociale et l’harmonie interconfessionnelle ?

3

Comment mieux reconnaître les savoirs autochtones et traditionnels et en tirer des enseignements ?

4

Comment encourager des investissements privés socialement plus responsable ?

5

Comment le concept de justice intergénérationnelle s’applique-t-il aux parties prenantes à la Convention ?

Dialogue interactif 1 : Une approche axiologique de la gestion responsable des terres

Face à la surexploitation que la terre subit actuellement se dessine un mouvement éthique de la gestion des terres. Ses acteurs ont des points de départs variables, mais semblent se rassembler autour du désir de changer les schémas de production et de consommation, à travers des approches différentes, tant par rapport à leurs carrières qu’à leurs modes de vie. Cette évolution des valeurs est principalement attribuée à l’enjeu des changements climatiques, auquel la jeune génération est particulièrement sensibilisée. C’est donc cette jeune génération qui constitue le moteur du changement.

Pour ce dialogue, la CNULCD s’est intéressée aux différents systèmes de valeurs qui peuvent être mis à profit pour une meilleure gestion des terres. Les ministres et chefs de délégations se feront présenter les positions adoptées par les acteurs d’organisations confessionnelles, de communautés autochtones, et de membres du secteur privé engagés dans des activités socialement responsables. Les organisations confessionnelles sont souvent proches des populations les plus vulnérables, et ont commencé à développer des actions tenant compte de la protection de l’environnement. Par ailleurs, selon la Banque mondiale, si les autochtones représentent seulement 5 % de la population mondiale, ils possèdent, occupent ou utilisent un quart de la surface de la planète, et préservent 80 % de la biodiversité restante sur leurs terres ancestrales grâce à des systèmes complexes. Enfin, plusieurs acteurs du secteur privé investissent aujourd’hui de manière responsable et tentent de changer les façons de faire, car il est aujourd’hui attendu de ce secteur qu’il se responsabilise et atteigne une plus grande transparence.

Mise en contexte : les meilleures pratiques de gestion durable des terres

Points saillants dont il sera question lors des rencontres

1

Comment promouvoir une connaissance et une sensibilisation accrues des gouvernements et des populations locales concernant les facteurs de risque de la DLDD pour la santé ?

2

Comment tirer parti des approches de communication pour un changement de comportement qui ont été utilisés avec succès dans le secteur de la santé ?

3

Comment les secteurs de la santé et de la gestion des terres peuvent-ils fonctionner ensemble ? Quelles sont les mesures administratives et réglementaires nécessaires ? Qu’en est-il de la collecte de données ventilées par sexe ?

4

Cela contribuerait-il à améliorer la santé et la résilience globale de la population ? S’agit-il d’un investissement rentable ?

5

Comment améliorer le partage des données, le suivi et la surveillance ?

6

Faut-il affiner nos directives concernant la cartographie et l’évaluation des risques, vulnérabilités, dangers et expositions impactés par la DLDD ?

7

La restauration des terres devrait-elle cibler les points chauds de sécheresse ou les zones de sources anthropiques de tempêtes de sable et de poussière ?

8

Comment les services de santé devraient-ils évoluer pour tenir compte de la réalité environnementale ?

Dialogue interactif 2 : Des terres saines pour une population saine

L’objectif 2 du Cadre stratégique 2018-2030 est d’améliorer les conditions de vie des populations. Ce dialogue vise à mettre en relief les conséquences complexes de la dégradation des sols sur la santé humaine. La dégradation des terres entraîne, d’un côté, une diminution de l’accès à des nourritures saines et complètes, à une eau de qualité et à l’hygiène; et, de l’autre, une augmentation de la contamination de l’eau, de la présence d’agents pathogènes dans l’eau et la nourriture, et de la pollution aérienne. Le tout influe grandement sur la vie et la survie des populations, particulièrement des individus les plus vulnérables, dont les enfants et les personnes âgées.

La sécurité alimentaire n’existe que lorsque les individus ont un accès véritable, physique et économique, à des aliments nutritifs qui répondent à leurs besoins diététiques et à leurs préférences alimentaires, de manière à leur permettre de mener une vie saine. Les impacts néfastes de la DDTS en matière d’alimentation vont des risques de malnutrition à une réduction de la valeur nutritionnelle des aliments en raison de l’épuisement des micronutriments dans le sol ou du manque de diversité dans la production alimentaire.

L’eau est non seulement nécessaire à l’humain pour sa consommation, mais également pour son hygiène, et là encore la DDTS a des effets néfastes, tant au plan de la quantité que de la qualité de l’eau. Lorsque les plans d’eau perdent de leur volume en période de sécheresse, les contaminants se retrouvent en plus grande concentration dans l’eau qui reste. En outre, les hautes températures stimulent la multiplication des agents pathogènes. De plus, l’érosion des écosystèmes libère des polluants qui se retrouvent ensuite dans l’eau. On peut également noter le fait que les taux de poisons et de toxines cancérigènes sont en augmentation chez les populations humaines. Ils sont mis en relation avec l’utilisation massive de pesticides dans des modèles d’exploitation non durables des terres.

La dégradation des terres a également plusieurs effets sur le déplacement des polluants et des agents pathogènes. Les polluants aériens, qui peuvent circuler rapidement au-delà des frontières, sont à l’origine et contribuent à de nombreux problèmes de santé en s’attaquant aux systèmes cardiovasculaire et respiratoire, aux yeux, à la peau, etc. Cette circulation de la pollution, notamment permise par les tempêtes de poussière, est encore facilité sur des terres dégradées. Par ailleurs, les migrations qui sont provoquées par les changements climatiques et la dégradation des sols présentent également le risque de propager des maladies chez les humains comme chez le bétail, mais aussi de générer des séquelles psychologiques en raison de l’incertitude vécue par les familles déplacées.

Au titre de l’objectif 2 du Cadre stratégique, les Parties à la Convention visent une amélioration de l’accès à une nourriture et à une eau saines. S’il faut traiter la maladie elle-même et non pas uniquement ses symptômes, l’accomplissement de cet objectif passe par le maintien de services écosystémiques, donc par la préservation des écosystèmes et la réhabilitation des terres dégradées.

Points saillants dont il sera question lors des rencontres 

1

Quelles opportunités y a-t-il dans l’approvisionnement en produits provenant de zones arides ou restaurées ?

2

Quelles sont les étapes nécessaires pour que la durabilité environnementale et les garanties sociales soient intégrées aux modèles mondiaux de chaînes d’approvisionnement ?

3

Dans quelle mesure la création de la demande des consommateurs à l’échelle mondiale est-elle essentielle au développement de nouvelles chaînes de valeur pour des produits peu connus, mais lucratifs, provenant de zones arides ?

4

Quels sont les obstacles et les risques susceptibles d’entraver les investissements du secteur privé dans les zones arides ? Comment y remédier ?

5

Comment les petits producteurs et les entrepreneurs peuvent-ils accéder aux marchés, au financement et aux autres moyens de production nécessaires au développement de nouvelles chaînes de valeur dans les marchés locaux ou internationaux ?

6

Dans un monde où les ingrédients sont locaux et les saveurs internationales, les produits locaux ont-ils le potentiel de circuler à l’échelle mondiale et à contribuer au développement de nouvelles habitudes et cultures alimentaires ?

Dialogue interactif 3 : Stimuler une chaîne de valeurs durable pour les entreprises aux activités basées sur les terres

Ce dialogue portera sur l’impact bénéfique potentiel, pour les zones arides, de modes de production et de consommation durables pour les produits originaires de ces régions. Les zones arides représentent 40 % des terres émergées, et 2 milliards de personnes y vivent, dont 90 % dans des pays en développement. Il est estimé que 25 à 35 % de ces territoires sont déjà dégradés. Bien que l’agriculture traditionnelle demeure une activité économique importante, il est important de permettre aux communautés rurales de diversifier leurs productions et leurs activités économiques. La solution peut provenir, par exemple, d’espèces botaniques, puisque certaines des plus lucratives proviennent de zones arides. Ces espèces demeurent peu connues dans le reste du monde, mais leur exploitation durable est possible. Les décideurs et les administrateurs peuvent jouer un rôle crucial en mettant en relation des petits producteurs avec des marchés locaux et internationaux.

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